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Bhagavad Gita «Ô Krishna, quand je vois ces parents désireux de combattre et rangés en bataille. Mes membres s’affaissent et mon visage se flétrit; mon corps tremble et mes cheveux se dressent.
Mon arc s’échappe de ma main, ma peau devient brûlante, je ne puis me tenir debout et ma pensée est comme chancelante. «Tu pleures sur des hommes qu’il ne faut pas pleurer, quoique tes paroles soient celles de la sagesse. Les sages ne pleurent ni les vivants ni les morts.
Car jamais ne m’a manqué l’existence, ni à toi non plus, ni à ces princes; et jamais nous ne cesserons d’être, nous tous, dans l’avenir. Fais donc une œuvre nécessaire; l’œuvre vaut mieux que l’inaction; sans agir, tu ne pourrais pas même nourrir ton corps. Celui qui connaît selon la vérité ma naissance et mon œuvre divine, quittant son corps, ne retourne pas à une naissance nouvelle; il vient à moi, Arjuna.
Dégagés du désir, de la crainte et de la passion, devenus mes dévots et mes croyants, beaucoup d’hommes, purifiés par les austérités de la science, se sont unis à ma substance.
«Tu loues d’une part, ô Krishna, le Renoncement des œuvres, et de l’autre part l’Union mystique: laquelle des deux est la meilleure? dis-le-moi clairement.» L’Union divine n’est ni pour qui mange trop, ni pour qui ne mange rien; elle n’est ni pour qui dort longtemps, ni pour qui veille toujours, Arjuna.
Lorsque, ayant fixé sur lui-même sa pensée entièrement soumise, il s’est dégagé de tous les désirs, c’est alors qu’il est appelé Uni. Je suis dans les eaux la saveur, fils de Kuntî; je suis la lumière dans la Lune et le Soleil; la louange dans tous les Vêdas; le son dans l’air; la force masculine dans les hommes;
Le parfum pur dans la terre; dans le feu la splendeur; la vie dans tous les êtres; la continence dans les ascètes. L’homme qui médite sur cet être, ferme en son cœur au jour de la mort, Uni à lui par l’amour et par l’Union mystique, réunissant entre ses sourcils le souffle vital, se rend vers l’Esprit suprême et céleste. Comme dans l’air réside un grand vent soufflant sans cesse de tous côtés, ainsi résident en moi tous les êtres: conçois-le, fils de Kuntî.
À la fin du kalpa, les êtres rentrent dans ma puissance créatrice; au commencement du kalpa, je les émets de nouveau. Je suis le grand hymne entre les chants du Sâma; et entre les rythmes, la gâyatrî. Entre les mois, je suis le mârgaçîrsha; entre les saisons, le printemps fleuri.
Je suis la chance des trompeurs; l’éclat des illustres; la victoire; le conseil; la véracité des véridiques. Sans commencement, sans milieu, sans fin; doué d’une puissance infinie; tes bras n’ont pas de limite, tes regards sont comme la Lune et le Soleil; ta bouche a la splendeur du feu sacré.
Par ta chaleur tu échauffes cet Univers. Car tu remplis à toi seul tout l’espace entre le ciel et la terre et tu touches à toutes les régions; à la vue de ta forme surnaturelle et terrible, les trois mondes, ô Dieu magnanime, sont ébranlés. Livre-moi donc ton esprit, repose en moi ta raison, et bientôt après, sans aucun doute, tu habiteras en moi. Si tu n’es point en état de reposer fermement en moi ta pensée, efforce-toi, homme généreux, de m’atteindre par une Union de persévérance Comme le Soleil éclaire à lui seul tout ce monde: ainsi l’Idée illumine toute la Matière.
Ceux qui par l’œil de la science voient la différence de la Matière et de son Idée, et la délivrance des liens de la nature, ceux-là vont en haut. Quant à l’obscurité, sache, fils de Kuntî, qu’elle procède de l’ignorance et qu’elle porte le trouble dans toutes les âmes; elle les enchaîne par la stupidité, la paresse et l’engourdissement.
La vérité ravit les âmes dans la douceur; la passion les ravit dans l’œuvre; l’obscurité, voilant la vérité, les ravit dans la stupeur. Quand il a vaincu l’orgueil, l’erreur et le vice de la concupiscence, fixé sa pensée sur l’Ame suprême, éloigné les désirs, mis fin au combat spirituel du plaisir et de la douleur il marche sans s’égarer vers la demeure éternelle. L’humeur pacifique, la véracité, la douceur, le renoncement, le calme intérieur, la bienveillance, la pitié pour les êtres vivants, la paix du cœur, la mansuétude, la pudeur, la gravité;
La force, la patience, la fermeté, la pureté, l’éloignement des offenses, la modestie: telles sont, ô Bhârata, les vertus de celui qui est né dans une condition divine. «Il y a trois sortes de Foi parmi les hommes: chaque espèce dépend de la nature de chacun. Conçois en effet qu’elle tient ou de la vérité, ou de la passion, ou des ténèbres,
Et qu’elle suit le caractère de la personne; le croyant se modèle sur l’objet auquel il a foi; L’homme dépourvu de passion, d’égoïsme, doué de constance et de courage, que le succès ou les revers ne font point changer, est un agent de vérité.
L’homme passionné, aspirant au prix de ses œuvres, avide, prompt à nuire, impur, livré aux excès de la joie ou du chagrin, est un agent de passion.
L’homme incapable, vil, obstiné, trompeur, négligent, oisif, paresseux, toujours prêt à s’asseoir et à traîner en longueur, est un agent de ténèbres.
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